La douleur de l'enfant

Textes officiels

Évaluation

Traitements et protocoles

Situations cliniques

Douleur des soins

Psychologie

Extrahospitalier

FAQ

Prédiction de l’utilisation de la crème Emla® par l’infirmière d’accueil dans un service d’urgences pédiatriques

Résumé de l’article de Launey et coll. (2004)

F. Launay , E. Viehweger , A. Hamel , P. Minodier , H. Le Hors-Albouze , J.L. Jouve

Archives de pédiatrie 2004 ; 11 (10) : 1163-1167

Les infirmières d’accueil et d’orientation du service des urgences pédiatriques de l’hôpital de la Timone-Enfants à Marseille mettent en place deux patchs d’Emla® dès l’accueil lorsqu’elles pensent qu’une prise de sang sera demandée par le médecin, afin d’éviter le temps d’attente entre l’examen clinique et l’éventuelle prise de sang.
Pendant quatre semaines, sur les 2758 enfants vus aux urgences, 1973 fiches de prédiction d’une prise de sang ont été remplies par l’infirmière selon son opinion et son expérience (pas de liste de critères préétablis). L’âge moyen était de 5 ans avec 59 % des enfants de moins de 5 ans, il s’agissait d’une urgence non traumatique dans 70 % des cas.
Les infirmières avaient prédit une prise de sang pour 253 patients. Seuls 132 d’entre eux ont effectivement été ponctionnés. Par ailleurs 81 prises de sang non prévues ont été réalisées. L’analyse de différents paramètres étudiés n’a pas permis de mettre en évidence une bonne concordance entre l’infirmière et le médecin (coefficient kappa : 0.509). 242 patchs ont donc été utilisés à tort, ce qui coûte 584 euros en 4 semaines. La sensibilité de prédiction est à 62 %, la valeur prédictive positive est de 52 %, la valeur prédictive négative de 95 %.
L’évaluation de la nécessité d’une prise de sang à l’accueil doit pouvoir être améliorée par des travaux précisant les critères médicaux de tri les plus discriminants.

Commentaire Pédiadol  : Décider de la pose de la crème anesthésiante dès l’accueil aux urgences permet un réel progrès dans la prise en compte et de la douleur et du confort. Mais un tel taux d’erreur n’est pas admissible. Des critères précis doivent être à la disposition des infirmières, ils doivent être définis par les pédiatres urgentistes. Les études précédentes (Carbajal, 2000 et Fein, 1999) montraient un meilleur taux de prédiction (sensibilité à 81 % dans l’étude de Carbajal). Ceci permettra d’éviter un gaspillage. Par ailleurs il persistera toujours un taux notable de prises de sang non prévues à l’arrivée, pour lesquelles une autre technique que la crème anesthésiante devra être employée pour réduire la douleur sans prolonger le séjour aux urgences (MEOPA, anesthésie locale par infiltration au dessus de la veine ou pulvérisation de spray réfrigérant chez les grands enfants). A suivre...


Accueil | Contact | Mentions légales | Liens | Appels à projets